Alimentation
Les ânes sont des herbivores, mais non-ruminants. Ils ne disposent donc que d’un seul estomac, un peu comme l’être humain. Toutefois, contrairement à ce dernier, cet estomac est capable de digérer les fibres végétales qui proviennent de l’herbe et du foin. Contrairement aux ruminants, cette digestion des fibres végétales ne se fait pas grâce à un estomac avec plusieurs poches, mais par une fermentation par micro-organismes. Ce processus se déroule dans la partie du système digestif appelée cæcum, et elle aboutit à la décomposition de la cellulose, principal composant des fibres végétales. Avec un intestin plus court et d'un diamètre plus gros que celui du cheval, l'âne est capable de digérer des fourrages plus grossiers. Son estomac possédant un volume n'excédant pas 12 à 15 litres, il ne peut supporter l'absorption de grandes quantités d'aliments à intervalles espacés. Il doit pouvoir s'alimenter régulièrement de petites quantités. Son régime alimentaire doit être pauvre en protéines, en sucres et en amidon mais riches en fibres. Même s'il est capable de supporter une certaine déshydratation, il doit pouvoir être abreuvé régulièrement, sa consommation d'eau variant entre 10 et 15 litres par jour. Dans les pays en voie de développement, l'âne supporte des conditions d'existence parfois très difficiles, mais son alimentation se rapproche de celle à l'état naturel où l'âne intègre en continu de petites quantités de plantes riches en fibre. Dans les pays développés, l'âne est plutôt sujet à la suralimentation, qui entraine fourbure et coliques. Un régime de base pour un âne est constitué d'herbe en toute saison et de foin en hiver ou si le terrain est trop pauvre. Il peut également être complémenté par des céréales et des compléments minéraux dans le cas d'un travail intensif, en fin de gestation ou durant la période d'allaitement pour les ânesses.
Source : https://fr.wikipedia.org
Article Les Sabotés sur l'alimentation - Page Facebook
Sylvaine Esnault-Florêt - Page Facebook
Et c’est si facile de tomber !
- Avec eux, d’abord, qui me disent à chaque fois que je vais les voir « on a faiiiimmmm !!! t’aaaas rien à nous donneeeer, s’t’plaît, hein, diiiis ???? »
- quand je vais préparer mes filets, où ils sont derrière moi à piétiner, à se chamailler, parce qu’ils pensent que ça va enfin leur tomber dans « l’bec ». Vous rendez compte, ils n’ont que l’herbe du pré à brouter, et pis….. z’ont pas mangé depuis….. ce matin, ou…. hier au soir !!!
- et l’entourage, qui me dit, à chaque fois, qu’ils braient : « z’ont faim tes ânes !!!! »
Je disais donc, pour garder « le cap » , je garde cette image en tête :
C’est un film qui a été tourner au Sahara (pour ne pas la nommer, la dernière émission de F. Lopez, « RV en terre inconnue »), http://www.france2.fr/emissions/rendez-vous-en-terre-inconnue/diffusions/12-07-2014_163072 à 1mn20 où on y voit des nomades, (donc des gens qui n’ont, par définition, pas de réserve de foin à disposition, pas de gâteries ou de grains à leur donner) qui vivent avec leurs ânes et se servent de leurs ânes pour aller chercher de l’eau à des kms à la ronde. Ces ânes broutent ce qu’ils ont sous la dent, c’est-à-dire des broussailles sèches , clairsemées… parsemées, ici et là….. dans le sable du Sahara.
C’est dire, si c’est copieux !
Et ces ânes-là, ces ânes qui travaillent ou tout du moins marchent beaucoup, portent des charges, sont superbes, ronds, ont le poil soyeux.
Je garde donc « ce cap » et cette image et partant de ce principe, j’essaie de ne pas céder aux sirènes !!! L'alimentation de base pour garder votre âne en bonne santé.
Et c’est duuuur !!!!
L’âne est originaire d’Afrique, du désert, donc pauvre en belle herbe. A l’état naturel, les ânes errent de-ci, de-là ingérant en continu de petites quantités de plantes riches en fibres. Ils ont besoin d’un régime alimentaire pauvre en protéines, en sucres, et en amidon, mais riches en fibres, et c’est pourquoi leur régime doit être basé sur de la paille d’orge toute l’année durant, avec une quantité d’herbe limitée. Ils gardent le besoin de brouter plusieurs heures par jour. Ce sont des herbivores monogastriques. Ils ne possèdent qu'un seul estomac, il ne rumine donc pas. Ils mastiquent longuemenent et beaucoup plus méticuleusement que le cheval. Leur métabolisme est conçu pour tirer profit de la moindre tige.
On dit par chez nous, qu’ils grossissent à sucer des câilloux !!! :
En hiver, il faut parfois compléter l’herbe par du foin en petite quantité, sans exagérer car les ânes en surcharge pondérale risquent la fourbure et l’hyperlipémie.
Dans une région bien verte, ils finissent par trop manger. La plupart des ânes de chez nous ont de graves problèmes de santé par suralimentation (obésité, fourbure chronique….). Il est donc, indispensable de les rationner en herbe. D’autre part, un âne qui n’a pas assez de « temps de broutage », s’ennuie rapidement, il peut même perdre rapidement le moral s’il se trouve dans des conditions quasi opposées à son « état naturel », c’est-à-dire, s’il est seul et sans rien à mâcher.
C’est un sacré dilemme pour nous, "anier" ! L’équilibre qualité-quantité de nourriture et occupations est à trouver pour chaque âne, d’autant qu’il est dans une région verte et qu’il est seul.
L’âne préfère certaines herbes à d’autres. Il aime herboriser, de toute façon il a le choix, et marcher est également indispensable à sa bonne digestion. Une certaine quantité de plantes ligneuses lui est également très utile, et à défaut d’en trouver dans l’herbe tendre, il entame rapidement les arbres, ou simplement les poteaux, portes, mangeoires et autres objets en bois. A ce propos, je vous invite à aller voir sur ce forum http://www.anesduquebec.com/forum/showthread.php?tid=43, comment font les ânes qui n'ont pas assez de ligneux à manger. Ils ont "bouffer" une mangeoire en bois, en deux jours.
Un âne sait normalement se réguler, se rationner (pas les miens ), c’est-à-dire qu’il peut ne pas finir sa ration de grain en ne mangeant que ce dont il a besoin. Mais ennui et/ou mauvaise éducation peuvent exciter sa gourmandise et le rendre quasi boulimique.
Les miens doivent l’être d’ailleurs, parce qu’ils se battraient pour un trognon de pomme ou une rondelle de carotte. Quoique.... je les ai vu, quelques fois, ne manger que la moitié de la ration son d’orge/carottes. J’en étais toute « baba » !!!
On compte en moyenne 1.5% du poids de l’âne en nourriture sèche, entre le foin et la paille.
Pour leur garder donc un bon moral, et contenter leur besoin de brouter, on va donc leur donner de la paille.
Une paille de bonne qualité de blé ou d’orge.
Une paille de bonne qualité peut avoir des valeurs alimentaires équivalentes à un foin de prairie de mauvaise qualité. Riche en fibres, si elle est donnée en quantités raisonnables, elle est utile pour mettre au régime les ânes en surcharge pondérale.
Dans l’alternative, de la paille d’avoine peut être distribuée : elle présente habituellement une valeur nutritive légèrement supérieure à celle de la paille d’orge.
La paille de blé, très riche en fibre, a des valeurs énergétiques plus faibles.
La paille de lin oléagineux n’est pas appropriée, la graine étant toxique à moins d’avoir été bouillie, et il est très difficile de s’assurer de son absence dans la paille. En cas de pénurie de paille, mieux vaut donner la priorité à l’alimentation plutôt qu’à la litière, et cherche une autre alternative pour cette dernière.
La cellulose contenue dans la paille est essentielle à son métabolisme et à sa digestion. Il peut en manger autant qu’il veut, elle ne le fera pas grossir. Elle lui remplit l’estomac et lui évite de prendre trop de poids.
On va lui donner aussi du foin.
Du foin, de bonne qualité, ça va s’en dire, et de première coupe avec une bonne odeur. Du foin de prairie, il est excellent pour les ânes, c’est un mélange naturel d’herbes coupées dans de vieilles pâtures.
Je vous renvoie à cet article.
https://ane-y-croche.forumgratuit.ch/t94-le-foin-differents-types-et-valeur-nutritive pour les différentes qualités de foin.
La quantité à lui donner va varier selon le poids et la taille de votre âne et de son activité. 2 à 2kg5 de nourriture sèche (foin et paille) suffise à un âne adulte en bonne santé, sans activité particulière d’un poids d’environ 160Kg. Quantité à adapter suivant le poids et la taille de votre âne, et du climat hivernal rigoureux ou pas.
Minéraux et vitamines :
Les ânes trouvent dans le foin, l’herbe et la paille, la plupart des minéraux et vitamines qui lui sont nécessaire.
Toutefois, il est recommandé de mettre à leur disposition, un bloc de minéraux pour équidés, contenant divers minéraux et notamment du sel, en complément de leur alimentation. On leur donnera donc une pierre à sel enrichie, genre Sodicheval que l’on trouve facilement dans les magasins spécialisés, ou bien une pierre à sel de l’Hymalaya, ou bien encore plus abordable, je leur donne du gros sel gris de Guérande. Il est riche en sels minéraux (calcium, magnésium (jusqu’à 780mg par 100g selon les années et le secteur de récolte)et oligo-éléments, fer,zinc,sélénium etc.... et ils adorent ça.
Un complément vitaminé du genre Destrier bloc présenté dans un seau de 20 kg et qui contient tous les oligo-éléments - minéraux - vitamines dont nos ânes ont besoin pour rester en bonne santé. A leur proposer une fois dans la journée, les laisse croquer chacun leur tour, selon leurs besoins et enlever le seau. A donner surtout en périodes hivernales, là où l'herbe est peu nutritive.
Attention : les blocs conçus pour d’autres animaux de bétail peuvent être dangereux pour les ânes, certains contenant des niveaux de minéraux inappropriés.
Et enfin, de l’eau propre. Les miens adorent boire au robinet, quand l’eau coule à flots, bien fraîche, bien propre. Ils boivent un à 10 litres par jour.
A proscrire : tout type de céréales. Les céréales sont inutiles et dangereuse pour l’âne.
Eventuellement l’orge écrasée, à raison d’une ou deux poignées par jour, pour complémenter. Mais ce n’est vraiment pas nécessaire.
Enfin, les friandises, et là, j’ai trouvé une réflexion sur FB de M. JOUCLAS, qui, je trouve, illustre bien la chose.
Il faut accepter (même si ça agace un peu) que les ânes optimisent la digestion, au point que ce qui nous parait « une misère » (un bout de pain, une pomme, une carotte...) est pour eux, comme de l'alcool : « un verre… ça va….. 2 verres… bonjour les dégâts ».
Avec en prime, la gourmandise qui se développe et finit par créer une addiction, et le « sur-sucre» qui provoque des troubles du comportement (excitation, comme si l'âne était « bourré»).
Ce « sur-sucre » provoque surtout une fatigue des fonctions d'élimination des déchets (comme l'alcool use le foie) qui entraine « un débordement de la poubelle» plus ou moins important, plus ou moins souvent, plus ou moins grave = fourbure
Ayé, vous comprenez mieux ? ;-)))
Pour en finir, je vous retranscris ce que j’ai trouvé sur » la petite encyclopédie de l’âne » du Donkey Sanctuary, page 39 : Ils sont en Angleterre et ont un climat semblable aux nôtres, enfin au nord de la France.
« Au printemps et en été, les ânes du Donkey Santuary paissent dans les prés, tout en ayant accès à de la paille d’orge pour qu’ils aient leur content de fibres.
La quantité d’herbe est contrôlée, soit par pâturage rationné, avec rotation assurée par des clôtures électriques mobiles, soit par limitation du temps d’accès à l’herbe, pour éviter qu’ils ne prennent trop de poids.
En hiver, ils sont logées dans de grandes étables bien ventilées, avec allées bétonnées, sans accès à l’herbe, car nos ânes sont nombreux : ils endommageraient la pâture et finiraient par stationner dans la boue, ce qui n’est bon ni pour leurs pieds ni pour leurs membres, et peut provoquer des affections telles que la gâle de boue.
Ils disposent en lieu et place de paille d’orge à volonté et reçoivent une quantité contrôlée de foin ou de préfané selon leur état.
Si les ânes ont accès au pré toute l’année, la quantité de foin nécessaire est minime, même en hiver. La consommation journalière d’herbe et de foin doit être contrôlée pour qu’ils restent en bonne condition physique.
Naturellement, les ânes paissent de longues périodes durant. Il est donc important de contrôler leur alimentation pour éviter l’obésité. »
Et c'est là que je me dis que les miens, malgré leurs suppliques, en ont encore bien assez !!!!

