Domestication, histoire et élevage
Domestication
Plusieurs études et recherches ont été menées pour déterminer la période et la localisation précise de la domestication de l'âne. Il est communément admis que la domestication de l'âne remonterait à 5000 av. J.-C. dans la vallée du Nil58. Des chercheurs du CNRS du Laboratoire d'écologie alpine ont montré en 2004 par des études génétiques que c'est en Afrique du Nord-Est que l'âne commun (Equus asinus) aurait été initialement domestiqué. Les ancêtres de l'âne commun seraient ainsi l'âne sauvage de Nubie (Equus africanus africanus) et l'âne sauvage de Somalie (Equus africanus somaliensis)59. En 2007, des dépouilles d'âne retrouvées dans une tombe égyptienne à Abydos ont montré des déformations caractéristiques de leur squelette, secondaire à leur utilisation comme animal porteur et qui n'existent pas sur les ânes sauvages60. En 2022, l'étude du génome de 207 ânes modernes, de 31 anciens et de 15 équidés sauvages conforte l'hypothèse d'un événement unique de domestication en Afrique vers 5000 av. J.-C., suivi d'une expansion (et d'isolements génétiques) en Afrique et en Eurasie puis de retours en Afrique61.
L'âne est le premier équidé à avoir été domestiqué58, et il a ainsi été utilisé très tôt pour le transport des individus et des biens59. Mais cette domestication est bien postérieure à celles du bœuf, du mouton et de la chèvre qui datent, elles, des VIIe et VIIIe millénaires av. J.-C. Le cousin de l'âne, l'onagre, aurait été domestiqué à la même période en Mésopotamie pendant près de 3 000 ans, mais cette utilisation a ensuite brusquement cessé, l'onagre étant aujourd'hui revenu à l'état sauvage notamment au Turkménistan, en Iran et au Pakistan58.
Histoire
Vers la fin du IVe millénaire av. J.-C., la présence de l'âne s'étend sur toute l'Asie du Sud-Ouest et le centre principal d'élevage s'établit en Mésopotamie vers −1800. L'élevage de grands ânes blancs, aptes à être montés, a rendu Damas célèbre, tandis que des éleveurs syriens ont développé au moins trois autres races, l'une étant particulièrement appréciée des femmes en raison de son allure confortable. Le Muscat ou l'âne du Yémen s'est également développé en Arabie.
Au cours du IIe millénaire av. J.-C., l'âne est introduit en Europe, probablement en même temps que la viticulture, l'âne étant associé dans la mythologie grecque au dieu du vin, Dionysos. Les grecs étendent le vin et l'âne à leurs colonies le long des côtes méditerranéennes, y compris dans celles qui correspondent de nos jours à des régions d'Italie, de France et d'Espagne. Les romains continueront à les disperser sur l'ensemble de leur empire. Ce sont ainsi ces derniers qui ont importé les premiers ânes en Grande-Bretagne. Jusqu'au haut Moyen Âge, la population asine reste néanmoins centrée sur le bassin méditerranéen. C'est plus tard qu'il a été introduit en Europe septentrionale où il a su s'adapter à un climat beaucoup plus froid même si sa nature ne l'y prédispose pas. Les premiers ânes sont arrivés en Amérique sur les bateaux du deuxième voyage de Christophe Colomb et ont été débarqués sur Hispaniola en 1495. Quatre ânes et deux ânesses font partie des animaux inventoriés. Leur présence assure la production de mulets pour les expéditions des conquistadors dans le continent. Les premiers ânes nord-américains peuvent avoir été les deux sujets amenés au Mexique par Juan de Zumárraga, le premier évêque de Mexico, arrivé le 6 décembre 1528, tandis que les premiers ânes à atteindre ce qui est maintenant les États-Unis peuvent avoir traversé le Rio Grande avec Juan de Oñate en avril 1598 . L'espèce asine se répand en Amérique du Nord à partir du XVIIIe siècle, mais sa véritable expansion se situe au XIXe siècle avec la ruée vers l'or, l'âne devenant le compagnon indispensable des chercheurs d'or. En Europe, et plus particulièrement en France, l'âne et le mulet sont très utilisés jusqu'au lendemain de la Première Guerre mondiale. L'arrivée de la motorisation et la mise à disposition de tracteurs par le plan Marshall ont amené une réduction très importante des effectifs asins sur le territoire.
Élevage
La population asine ne présente pas une répartition homogène dans le monde. La plupart des ânes vivent dans les régions semi-arides et montagneuses. Si la population asine mondiale est en croissance depuis les années 1960, il existe de grandes différences en fonction des pays, certains présentant des augmentations significatives et d'autres d'importantes diminutions. L'Afrique présente ainsi une croissance de sa population asine assez forte, alors que l'Europe a vu la sienne décroître très fortement. Le cheptel mondial asin a été estimé à 44 millions en 1996 et à 41 millions en 2006.
Comme pour de nombreuses espèces animales élevées par l'homme, il existe des races spécifiques chez l'âne. La très grande majorité des ânes ne possèdent pourtant pas de race définie, et c'est dans ce sens que le terme d'âne commun est généralement employé. Les ânes sont en très grande majorité utilisés pour le travail. Plus de 95 % d'entre eux seraient élevés dans ce but. Leurs principaux rôles auprès des hommes restent le transport de marchandises et de personnes.
Source : https://fr.wikipedia.org

